Fédération Nationale des Retraités des Organismes Sociaux
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Retrouvez une sélection des principaux sujets /articles parus le mois dernier
1 - Retraites
2 - Personnes âgées, Autonomie, Handicap
3 - Sécurité Sociale
4 - Santé
5 - Société
La suspension de la réforme des retraites génère un choc démographique et financier néfaste
L’OFCE a dressé un bilan du choc démographique et économique induit par la suspension soudaine de la réforme des retraites de 2023. Initialement, le report de l’âge légal devait mécaniquement maintenir les seniors en activité, augmentant ainsi l’offre de travail globale. La suspension provoque un "effet de reflux" immédiat : des cohortes qui auraient dû prolonger leur carrière quittent le marché du travail plus tôt que prévu. Sur le court et moyen terme, cette contraction de la population active ampute le potentiel de croissance du Produit Intérieur Brut (PIB).
La réduction de la base des cotisants, couplée à l'augmentation du nombre de retraités, pourrait aggraver le déséquilibre financier des comptes sociaux. L'étude de l’OFCE insiste sur le climat d'incertitude né de l’instabilité législative autour des retraites. Les entreprises, incapables de prévoir la disponibilité réelle de leurs ressources humaines senior, freinent leurs investissements de long terme. La suspension de la réforme agirait comme un frein structurel qui, sous couvert de paix sociale, hypothèque la souveraineté économique et la viabilité budgétaire pour la décennie à venir.
Les retraités ne vont pas conserver un niveau de vie aujourd'hui comparable à celui de l'ensemble de la population
Le dossier du mois présenté en séance plénière du Conseil d’orientation des retraites (COR) de février 2026 interroge un des objectifs du système de retraite par répartition : garantir un niveau de vie satisfaisant à la retraite. Le document vise à combler l'absence d'indicateur chiffré légal définissant la notion de "niveau de vie suffisant", une lacune reconnue également par le Comité de suivi des retraites. Le Secrétariat général du COR examine ici les données de 2023, les évolutions historiques depuis 1970 et les projections à l’horizon 2070 pour répondre à cette question, sachant qu’un décrochage trop marqué du niveau de vie des seniors fragiliserait le pacte entre générations, tandis qu'un niveau trop élevé pèserait sur les actifs. L’analyse porte sur des dimensions variées : montant des pensions, revenus du patrimoine, fiscalité et dépenses spécifiques liées à l'âge.
En 2023, les retraités français disposent d'un niveau de vie moyen de 2 473 € mensuels, soit un montant équivalent à celui de l'ensemble de la population, et leur taux de pauvreté (10,5%) est nettement inférieur à celui des actifs. Ce résultat s'explique par la taille réduite des ménages retraités et l'importance de leur patrimoine net, qui est 29% plus élevé que celui des actifs. Plus souvent propriétaires de leur logement, ils bénéficient d'un niveau de vie relatif parmi les plus hauts d'Europe. Cependant, leur consommation courante est plus faible que celle des actifs, notamment chez les anciennes générations, tout en étant marquée par l'explosion des frais de santé après 70 ans (jusqu'à 12 000 € annuels). La situation est particulièrement tendue pour les seniors en institution : 61% des résidents en établissement sont incapables de financer leurs frais de séjour avec leurs seules ressources courantes. Cette fragilité impose souvent la mobilisation de l'épargne ou du patrimoine immobilier, peu liquide, ce qui crée des disparités majeures selon le statut matrimonial et l'histoire familiale.
Niveau de vie, patrimoine, consommation et épargne des retraités
Davantage de places en EHPAD et d’aides à domicile nécessaires face au vieillissement de la population
La Drees a publié une étude basée sur le modèle "Lieux de vie et autonomie" (Livia) qui permet de réaliser des projections du nombre de personnes âgées de 60 ans ou plus entre 2021 et 2070, et donne des répartitions par sexe, tranche d’âge, niveau de besoin d’aide à l’autonomie et département. D’après les projections, en 2050, près de 23 millions de personnes âgées de 60 ans ou plus vivront en France, soit cinq millions de plus qu’en 2021. Du fait du vieillissement de la population des seniors (la première génération du baby-boom, née après la Seconde Guerre mondiale, a atteint l’âge de 75 ans en 2021) et de l’augmentation de l’espérance de vie, le nombre de personnes âgées en perte d’autonomie augmenterait plus rapidement que la population des seniors, et atteindrait 2,8 millions en 2050, soit 738 000 personnes supplémentaires entre 2021 et 2050.
Les seniors qui ne souhaitent ou ne peuvent pas être accueillis en Ehpad seraient accompagnés à domicile, en logement ordinaire ou dans des habitats intermédiaires. Au total, en 2050, 2,1 millions de seniors avec un besoin d’aide à l’autonomie vivraient à domicile, soit 698 000 seniors supplémentaires par rapport à 2021. Ainsi, il faudrait donc créer, d’ici 2050, 404 000 places supplémentaires en résidence autonomie, c’est-à-dire multiplier par 4,6 le nombre de places disponibles en 2021 (113 000 pour 97 000 résidents). Enfin, en 2050, le nombre de bénéficiaires de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) serait de 40% supérieur à celui de 2021. Avec un nombre de places constant en Ehpad, le nombre de bénéficiaires de l’APA à domicile augmenterait de 516 000 (+65%) entre 2021 et 2050. Pour pouvoir accompagner toutes ces personnes, il faudrait recruter 118 000 aides à domicile supplémentaires pour intervenir auprès des seniors à domicile, soit une augmentation de 62%.
Deux propositions de loi sur les soins palliatifs et la fin de vie
Avec l'évolution de la prise en charge de la maladie et la mise en place des soins palliatifs, la vision sur la fin de vie a évolué à la fois dans la société et dans le milieu médical. Le 12 mai 2025, l'Assemblée nationale débute l'examen en séance publique de deux propositions de loi, l'une sur la fin de vie, l'autre sur les soins palliatifs.
Mon Espace Santé fête ses 4 ans
"Mon espace santé", carnet de santé numérique public et sécurisé, atteint un nouveau palier avec près de 97% de la population disposant d’un profil, 24 millions de comptes activés et plus de 420 millions de documents déposés en 2025. Après une phase centrée sur la constitution d’un coffre-fort de données, le service vise désormais à devenir l’outil central d’une médecine plus préventive et personnalisée, en facilitant le partage d’informations entre usagers et professionnels.
Le service se dote ainsi de nouvelles fonctionnalités pour accompagner les usagers dans leurs parcours de soins : notifications ciblées de prévention (vaccinations, dépistages), parcours dédiés pour les femmes enceintes, carnet de santé numérique enrichi pour l’enfant, outils de détection des facteurs de risque de maladies chroniques et futur parcours personnalisé pour les personnes diabétiques dès 2026. Ces évolutions sont construites avec les usagers, via le Comité citoyen du numérique en santé et des expérimentations menées auprès de patients atteints de maladies chroniques et de femmes en maternité.
Les autorités publiques présentent "Mon espace santé" comme un service public numérique souverain et stratégique, au cœur de la transformation du système de santé et du développement de la prévention personnalisée.
Quatre ans de Mon espace santé | Communiqué et dossier de presse - Assurance maladie, 29 janvier 2026
Le HCFiPS diffuse désormais sa lettre d'information
Le Haut Conseil Financement de la Protection Sociale (HCFiPS) diffuse désormais sa lettre d'information. Pour vous inscrire, c'est ICI.
LFSS 2026 : Lettre 2 de la FHF
Depuis maintenant plusieurs années, la FHF retrace, au travers de lettres PLFSS et LFSS, les principales mesures contenues dans la loi de financement de la Sécurité Sociale.
La Lettre #2 relative à la LFSS 2026 permet de présenter l'ONDAM 2025 et 2026 ainsi que les articles les plus emblématiques qui concernent les établissements publics de santé, les établissements et services médico-sociaux ainsi que le système général de santé.
La Lettre de la LFSS 2026 est disponible en téléchargement ci-dessous :
https://www.calameo.com/fhf/read/003795702f0c0c83d695c
Coût pour l’Assurance Maladie d'une entorse, d'un accouchement et d'une prise en charge d’un diabète
Visionner le reportage du Journal de 20h de France Télévisions à ce sujet.
https://www.franceinfo.fr/sante/sante-le-vrai-prix-de-nos-soins_7788638.html
Santé Publique France (SPF) voit plusieurs de ses missions transférées au ministère de la Santé et à la CNAM
Le gouvernement a annoncé un "recentrage stratégique" de Santé publique France (SPF) décidé fin janvier 2026, marquant un transfert de plusieurs de ses missions au ministère de la Santé et à la Cnam. Deux évolutions majeures sont prévues : la gestion des stocks stratégiques et de la réserve sanitaire sera désormais placée sous l’autorité directe de la ministre en charge de la Santé, tandis que la conception et la diffusion des campagnes nationales de communication en santé publique seront désormais confiées à la Cnam. Selon le ministère, ces changements doivent permettre une réaction plus rapide et coordonnée en cas de crise et rendre les messages de prévention "plus lisibles" pour les citoyens.
Cette réforme, validée en réunion interministérielle et confirmée par la ministre Stéphanie Rist, provoque toutefois de fortes inquiétudes. Des élus et acteurs de la prévention dénoncent une reprise en main politique de la communication en santé, redoutant une atteinte à l’indépendance scientifique de SPF. Dans un communiqué, la société française de santé publique (SFSP) indique que le déplacement de ces missions vers un pilotage directement ministériel fait courir un risque de confusion des registres.
Plusieurs missions de Santé publique France vont être transférées au ministère de la santé
Qualité des soins en France en 2026 : des résultats globalement élevés, mais des fragilités persistantes en psychiatrie et en prévention des infections
La Haute Autorité de santé (HAS) dresse en 2026 un état des lieux de la qualité des soins en France à partir de deux outils complémentaires : la certification des établissements (5ᵉ puis 6ᵉ cycle) et les indicateurs de qualité et de sécurité (IQSS) publiés sur Qualiscope, qui offrent au grand public une information transparente et renforcent le pouvoir d’agir des patients. Le 5ᵉ cycle montre un bon niveau global, puisque 90,5% des établissements sont certifiés, dont près d’un quart avec la mention "Haute qualité des soins", mais environ un sur dix reste en dessous des exigences, avec des fragilités marquées en psychiatrie et des disparités régionales.
Le 6ᵉ cycle, lancé fin 2025, reprend les acquis en durcissant toutefois les attentes sur la sécurité des soins (médicaments, urgences vitales, isolement-contention, risques numériques) et en plaçant davantage les patients comme partenaires (droits, expérience, co‑construction du parcours), ce qui conduit à de premiers résultats légèrement moins bons et met en lumière la nécessité d'un accompagnement renforcé des établissements en difficulté.
Les indicateurs IQSS 2025 confirment quant à eux une progression continue de la satisfaction et de l’expérience des patients, avec une forte participation aux enquêtes e‑Satis et une extension à la psychiatrie adulte, où l’on observe des progrès (lettres de liaison, prise en charge de la douleur), mais aussi des lacunes sur le suivi somatique. En parallèle, la prévention des infections associées aux soins reste insuffisante (hygiène des mains, vaccination antigrippale des soignants), tandis que la lutte contre l’antibiorésistance progresse. L’usage croissant de Qualiscope (plus de 926 000 visiteurs en 2025) témoigne de l’intérêt du public pour la qualité des soins.
Quel est le niveau de la qualité des soins en France ?
Le suicide en France : état des lieux, facteurs de risque et enjeux de prévention
L’étude de la Drees présente un état des lieux du suicide en France en s’appuyant sur des données socio-démographiques et médicales couvrant la période 2011-2021. Son analyse aide à comprendre comment le risque de suicide varie selon le sexe, le niveau de vie et d’autres facteurs sociaux. L’étude souligne la nécessité de comprendre le suicide non seulement comme phénomène individuel, mais aussi à travers des déterminants sociaux, économiques et structurels qui influencent les risques de décès par suicide au niveau national.
Tout d’abord, l’analyse montre que les hommes sont nettement plus touchés que les femmes, avec un risque environ trois fois plus élevé, en particulier chez les hommes d’âge mûr. Elle met aussi en évidence une forte dimension sociale : le suicide est significativement plus fréquent parmi les personnes les moins aisées que parmi les plus favorisées, les taux pouvant être plus que doublés chez les hommes appartenant aux groupes de revenu les plus modestes. Ensuite, sont également soulignés les risques accrus dans certaines catégories professionnelles (agriculteurs, ouvriers, employés) et en milieu rural ou dans les petites communes où l’isolement, la précarité et l’accès plus difficile aux soins en santé mentale peuvent renforcer la vulnérabilité. Les troubles psychiatriques, les conduites addictives et des événements de vie comme le veuvage apparaissent enfin comme des facteurs de risque majeurs, susceptibles de multiplier le risque de passage à l’acte.
Le suicide, trois fois plus fréquent chez les hommes, deux fois plus chez les plus modeste
Transition écologique : intégration dans le cadre juridique national d’une Trajectoire de Réchauffement de Référence (TRACC) par la France
La France intègre désormais une trajectoire de réchauffement de référence dans son arsenal juridique pour orienter l’adaptation au changement climatique, au sein du troisième Plan national d’adaptation. Fondée sur les projections du GIEC ( Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) cette trajectoire anticipe un réchauffement de +2°C dès 2030, +2,7°C en 2050 et jusqu’à +4°C en 2100, permettant ainsi d’affiner les politiques publiques en santé publique, urbanisme, agriculture et gestion des risques. Elle s’accompagne d’une révision des plans de prévention pour mieux intégrer ces évolutions climatiques attendues.
Ce cadre commun harmonise les efforts d’adaptation à l’échelle nationale, en évaluant les impacts sectoriels et en les incorporant aux investissements publics comme privés. Des risques accrus d’inondation, de feu de forêt ou de sécheresse imposent une adaptation des infrastructures, de l’aménagement urbain et des pratiques agricoles, afin de renforcer, par là même, la résilience économique et sociale face aux vulnérabilités territoriales identifiées.